Hong-Kong (CHINE)

Asia Horse Week

Du 8 au 11 février 2018

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Contexte

 

Depuis 6 ans se tiennent les Hong Kong Longines Masters, organisés par EEM à l’Asia World Expo réunissant les meilleurs cavaliers au monde sur l’étape asiatique du circuit Grand Slam entre Paris et Los Angeles.

Cette année, Christoph Ameeuw, CEO d’EEM a décidé d’ajouter l’Asia Horse Week à ce rendez-vous ; un forum invitant nombre des fédérations équestres asiatiques et européennes afin que l’évènement devienne le « Davos du Cheval ».

L’Asia Horse Week, tout comme les Hong Kong Longines Masters, sont organisés en liens très étroits avec le Hong Kong Jockey Club, sponsor et garant de l’événement.

 

Points essentiels de la mission

 

Mercredi 7 février (soirée) :

Un dîner entre les invités et l’organisation s’est tenu sur l’hippodrome d’Happy Valley. Nous avons fait connaissance avec les différents représentants des fédérations et les membres de l’organisation du Hong Kong Jockey Club.

Jeudi 8 février :

Matin

Session 1 : Cérémonie d’ouverture de l’Asia Horse Week

Session 2 : Expérience de la BHS et FN

Il est à noter que le système proposé par les anglais, notamment en Chine, met un fort accent sur le bien-être animal et cible principalement les professionnels, offrant des programmes et certifications pour les entraîneurs.

La présentation de la Fédération allemande mettait en lumière les liens entre l’élevage et le sport en soulignant l’importance de la sélection et de l’amélioration des chevaux pour une performance sportive maximum.

Après midi

Session 3 : Présentation de la FFE et organismes en lien avec la filière équine française

La présentation de la FFE s’attachait à montrer le lien entre le système pédagogique des Galops, le modèle de développement des poney-clubs et du cheval partagé et le Haut Niveau qui permet le rayonnement de la France dans les Sports Equestres.

La présentation d’Asgard Club, Club FFE, comprenait une partie présentation de la structure et s’attachait ensuite à montrer l’intérêt pour le club d’avoir adhéré au système français.

Session 4 : Statut de l’équitation et développement en Chine

Diverses présentations de la part de la BTEA et la CHIA sur le développement voire l’explosion de l’équitation en Chine. Des éléments comme le bien-être animal et les nécessités de formations commencent à prendre une ampleur importante dans les discours officiels.

A noter l’absence de la CEA.

Vendredi 9 février :

Matin

Session 5 : Bio-sécurité et bien-être animal

Présentation par les vétérinaires du HKJC des processus sanitaires et des normes à mettre en place pour l’organisation d’un tel évènement ainsi que pour la gestion des courses à HK.

Il a été mentionné l’exemple intéressant du premier hippodrome de Hong Kong en dehors du territoire actuel, faute de place disponible.

Session 6 : Bien-être animal, point de vue des cavaliers et coaches

Intervention de Ludger Beerbaum et Alex Hua Tian.

Après-midi

Début des épreuves du Hong Kong Longines Masters

Session 7 : Présentation des activités du Hong Kong Jockey Club et Comité organisateur Tokyo 2020

Samedi 10 février :

Matin

Session 8 : Approche Hollandaise du haut niveau, Japon en route vers les JO

Les chiffres des Pays bas en matière de commerce ont été rappelés et sont révélateurs du dynamisme du commerce : 4200 chevaux vendus à l’export en 2017.

Pour sa part, le Japon présentait son plan de développement sportif pour aligner des équipes dans chaque discipline olympique équestre. En CCE, une partie des cavaliers s’entraîne avec Laurent Bousquet alors que les autres cavaliers sont en Angleterre.

Session 9 : Fédérations asiatiques émergeantes en plein boom

  • Inde (Jitu Virwani, Vice President) : Les sports équestres en Inde sont principalement régis par les militaires qui ont les infrastructures et les budgets d’Etat pour leur fonctionnement. En parallèle, des acteurs privés investissent de gros moyens pour aider au développement et permettre plus de flexibilité dans le dispositif. Ainsi, les équipes indiennes pour les Jeux Asiatiques sont principalement sponsorisées par un privé indien, propriétaire du principal centre équestre de Delhi. L’équipe de CCE s’entraîne actuellement avec Rodolphe Scherer en France, ainsi que chez Bettina Hoy. Un entraîneur de CSO est également recherché pour réaliser des interventions ponctuelles sur place. Les besoins exprimés, par la Fédération sont multiples : le développement de centres équestres (30 principaux pour l’heure) et d’un modèle pédagogique, le développement des compétitions, l’amélioration de l’élevage. Un studbook indien est par ailleurs en cours de création.
  • Thaïlande (Nara Ketusingha, Secrétaire Général) : La Fédération de Thaïlande compte environ 115 centres équestres pour 50 compétitions officielles. 1500 cavaliers et chevaux licenciés donc 150 à la FEI. L’accent est principalement mis sur le CSO et l’endurance. Le CCE est par ailleurs la discipline de haut niveau principale car l’accès aux compétitions internationales y est plus abordable. L’équipe est entrainée par Maxime Livio, secondé par Mathilde Montginoux en CSO. Le polo est également très présent. Bangkok organisera en 2018 les South East Asian Games.
  • Taiwan (An Chen, Pdt) : La délégation de Taiwan est venue en force avec non moins de 25 représentants. Taiwan compte environ 40 centres équestres, 500 licenciés et environ 2000 chevaux (70% importés d’Europe, principalement de Hollande). L’équitation est relativement faible dans l’île mais ils sont présents de manière influentes dans les instances : Jack Huang est Président du groupe 8 à la FEI, des liens assez forts sont établis avec le HKJC.
  • Indonésie : Jakarta organise les Jeux Asiatiques en 2019. La présentation portait principalement sur le site équestre d’accueil des Jeux.
  • Cambodge (Mona Tep, Pdt) : La Fédération Cambodgienne est assez récente et la filière est encore balbutiante (5 clubs, 9000 poneys). Néanmoins, Mona Tep la Présidente essaye de lui donner une orientation structurée et un dynamisme malgré le manque de moyen. Aussi, suite à un entretien avec cette dernière, voici les orientations diverses qui se dessinent :
    • Recrutement d’un entraineur pour la formation des coaches et le développement des centres équestres « Programme Cheval Avenir »
    • Développement de la partie compétition notamment CSO et Endurance
    • Renforcement des échanges avec l’envoi de cavaliers en compétitions internationales, en particulier en France.

La discussion portait également sur l’une des cavalières, ayant la double nationalité franco-cambodgienne (et parente de la famille royale), qui viendrait concourir sur les CSI en Europe afin de perfectionner sa technique.

Enfin, le Cambodge organisera les South East Asia Games en 2023.

Il y aura donc bientôt des besoins liés à l’entraînement, l’amélioration technique des cavaliers et aux fonctions d’officiels de compétitions.

  • Malaisie (Husref Malek, Directeur de la formation du Malaysian Equine Council) : La filière malaisienne est structurée autour des courses hippiques qui financent en grande partie les activités équestres. La question des paris sportifs est assez sensible, car bien qu’autorisés, une grande partie des habitants de confession musulmane s’en détache. La filière (courses et fédération nationale) est supervisée par le Malaysian Equine Council, structure gouvernementale qui régule et arbitre sur le développement général de la filière. Le Conseil a principalement une vocation réglementaire et non opérationnelle. Pour les sports équestres, le lien est assez fort avec le système d’apprentissage australien, Pony Club Australia et l’IGEQ. Un évènement équestre majeur se tiendra en septembre 2018 rassemblant l’ensemble de la filière équine malaisienne.

Pour l’anecdote, le représentant Husref Malek a passé 6 mois en France chez Edouard Couperie en 1993 pour perfectionner sa formation grâce aux actions de l’UNIC.

Session 10 : Races et artisanats

  • Oman (General Al Shawarzi, Commandant de la Cavalerie Royale) : La garde royale Omanaise à une fonction principalement de représentation lors des visites officielles. Une section sportive existe avec des bases pour l’élevage (UK) et l’endurance en France.
  • Association allemande du Cheval Arabe (Nils Ismer) : Histoire et utilisation du cheval et de la génétique arabe en Allemagne.

 

Présentation commerciale des exposants (Hermès, Horsycoach, Macey & Sons).

 

Session 11 : Cérémonie de clôture

Discours du Président de la FEI.

Discours de Christophe Ameeuw.

En marge des conférences, de nombreux contacts ont également été établis avec de nombreux professionnels et représentants de diverses fédérations et entreprises :

  • Philippines : délégation de cavalières venues principalement pour la compétition des Hong Kong Masters. Elles sont régulièrement entraînées sur place par Thibault Trassard basé au Mans et sont déjà venus faire des stages en France.
  • Mongolie : acteurs privés qui ont des activités commerciales en lien avec les courses hippiques. Selon eux, la filière en Mongolie est en train de se structurer autour des courses hippiques d’un côté et des sports équestres d’autre part, notamment de l’endurance. De nombreux investissements sont en cours, principalement dans des infrastructures lourdes tels que les hippodromes. Dans ce schéma de développement, il semble que les paris sportifs soient également en cours d’ouverture. Un évènement important se tiendra du 10 au 12 juillet en lien avec les courses hippiques.
  • Macao (Acteur économique privé) : Construction d’hippodrome en vue du développement des courses hippiques.
  • Inde : Recherche d’un entraîneur de CSO.
  • GPA : discussion autour du lien promotionnel possible entre les acteurs français présents à l’étranger et les marques françaises haute qualité. Label qualité français à l’export ?
  • Horsycoach : Plateforme de commercialisation de chevaux avec suivi SAV personnalisé grâce à la vidéo et au télécoaching.
  • Harcour : Marque de vêtements prêts à porter dans le domaine de l’équitation.
  • Marchands de chevaux : Présence de Stéphane Chaffaud représentant la Chambre Syndicale des Marchands Français, ainsi que des marchands allemands, belges et hollandais.
 

Conclusion

 

Si la première édition de l’Asia Horse Week pouvait susciter quelques interrogations quant à la fréquentation des professionnels et sur le niveau des délégations présentes, le contrat semble rempli pour l’organisateur EEM. La volonté de positionner ce rendez-vous comme le « Davos du Cheval » est en voie de succès grâce à une réponse importante de la part des nations émergentes, un bon retour de la part des nations équestres européennes fortes et un cadre de qualité facilitant les échanges. Il est à noter toutefois l’absence quasi-complète des pays du golfe, d’Asie centrale, de l’Australie et de la Nouvelle Zélande ainsi que le ton très formel des présentations de la part des différentes nations. Une place plus importante pour les acteurs économiques et les professionnels du secteur serait souhaitable pour les prochaines éditions comme le prouve l’axe de développement 2019 : l’élevage de chevaux de course et de sport.

Un certain rapport de force semble s’inverser en faveur d’EEM avec le HKJC qui, conscient de l’ampleur qu’est en train de prendre cet évènement, entend bien utiliser cet outil d’influence à son avantage envers les autres nations asiatiques.

D’un point de vue global, il est à souligner les enjeux très semblables des filières équines de ces pays émergeants où les activités de courses hippiques et de paris sportifs viennent financer le développement des sports équestres. Cela vient renforcer la nécessité d’un organisme dédié qui présente une image commune, unie et cohérente de notre filière afin de faciliter les échanges d’informations, de coordonner les actions et d’accompagner la création des projets.

Pour la partie Sports équestres, il ressort que les disciplines à mettre en avant sont, bien entendu le CSO qui est la discipline reine, l’endurance qui bien plus accessible d’un point de vue technique pour des nations en développement ainsi que le CCE pour les mêmes raisons d’accessibilité aux championnats régionaux et mondiaux.

L’Asie est le continent équestre de demain, soulignait Ingmar De Vos dans son discours de clôture. En témoignent l’augmentation exponentielle des pratiquants, des compétitions, des flux de chevaux ainsi que les prochaines grandes étapes équestres : Jakarta 2019 et Tokyo 2020. L’Asia Horse Week en deviendra rapidement le rendez-vous incontournable pour qui entend se développer sur ce marché.

 

Intérêts

 

Sports

Entreprises

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