Hohhot (Chine)

China International Horstry Fair – Hohhot

Du 30 mai au 1er juin 2014

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Contexte

 

L’UNIC, sollicitée par la Beijing Horse Racing Culture Exchange, a choisi de participer à la première édition du salon international du cheval de Hohhot, en Mongolie Intérieure (Chine). Cette province du Nord de la Chine se distingue par une culture équestre sans équivalent dans le pays. Ce salon se présentait donc comme une occasion de prospecter et de nous faire connaître dans cette région où le cheval joue un rôle important.

Étaient présents sur place :

  • UNIC : Chloé LEBRETON et Michelle CHEN
  • Reverdy : Julie PALARD
  • Golden Horse : Alain GERARD
  • Azadian Equine : Cecile AZADIAN
  • Laboratoires CEVA : Sophie BOURRELIER
 

Points essentiels de la mission

 

Le salon est aux couleurs de l’AQHA et de l’équitation western. Quatre stands hollandais (marchands de chevaux et transporteurs), un stand néo-zélandais, un stand Alltech, un cabinet d’architectes australien, un centre équestre suédois et nos deux stands français apportent également une dimension internationale à l’événement. Les gouvernements locaux (ville et communes) exposent dans l’objectif de promouvoir le tourisme et les produits locaux. Le public est nombreux, mais principalement constitué de familles et de curieux.

Conférence sur la filière équine française donnée devant une audience comble par Chloé Lebreton.

Visite d’une clinique vétérinaire à Hohhot. Cette clinique appartient à l’Université Agricole de Mongolie Intérieure et accueille des étudiants en spécialité vétérinaire. Cette formation est spécialisée en petits animaux mais entame depuis l’année dernière son développement en médecine équine. Pour cela, une nouvelle structure est en cours de construction sur un autre site. L’équipement est ici assez rudimentaire et les locaux trop exigus pour accueillir des gros animaux. Les cas équins sont donc traités par un véhicule mobile équipé de matériel portable. Wang Zhi, le docteur vétérinaire qui nous accueille, a été formé à Liverpool, en Angleterre. Il aimerait améliorer la qualité des prestations et formations proposées par son école vétérinaire mais le budget lui semble trop restreint pour investir dans un équipement de pointe et des formations plus poussées. Malgré tout, cette formation est aujourd’hui la première et la seule formation en médecine vétérinaire équine en Chine.

Rencontre sur le salon des responsables de l’Institut professionnel et technique de l’Université Agricole de Mongolie Intérieure. En 2012, dans le cadre du projet TAK en partenariat avec France Galop, des apprentis jockeys de cette Université avaient participé à une formation à l’AFASEC, et avaient été accueillis en stage dans les écuries les plus renommées de Chantilly. Le directeur de l’Université nous fait part de sa volonté de remettre en place des programmes d’échange sur le thème de la filière équine (courses, mais aussi sports équestres).

Visite du campus de l’Institut professionnel et technique de l’Université Agricole de Mongolie Intérieure. Ce campus comporte une écurie d’une trentaine de boxes. Les chevaux, pur sang de réforme, ont pour la plupart été donnés par le Hong Kong Jockey Club à l’issue de leur carrière en courses. L’écurie accueille également quelques chevaux et poneys de croisement et de races locales. Les cavaliers, étudiants à l’Université en formation équine, disposent de plusieurs ronds, une grande carrière et une piste de galop. Nous assistons à une séance avec quatre cavaliers. Après avoir détendu dans un grand rond de longe, ils partent sur la piste de galop. Les chevaux semblent très routinés mais les cavaliers manquent d’expérience.

Réunion dans les locaux de l’Université en présence de Guo Yongqing, vice-président de l’Université, Kiki Zhang, directrice du bureaux des affaires internationales de l’Université, et Freeman Zhang, directeur du Beijing Yanlong International Equestrian Co. Ltd.

L’Université a créé en 2010 au sein de l’Institut professionnel et technique la première formation spécialisée en management de la filière équine en Chine. Il s’agit d’un programme sur trois ans abordant des thèmes variés tels que le management d’écurie, la maréchalerie, l’équitation, etc. Dans le cadre de cette formation, quelques partenariats ont été développés à l’étranger, notamment avec l’Université de Liverpool, le Hong Kong Jockey Club, Tianjin et France Galop. Leur présence sur quelques salons du cheval en Chine leur ont permis de nouer des contacts avec la Nouvelle Zélande, les Etats Unis, l’Irlande, l’Australie… Ils souhaitent améliorer leurs compétences techniques en se développant à l’international. Quatre axes de collaboration ont été soulevés :

  1. Le développement d’un élevage de chevaux de sport permettant à terme d’améliorer la qualité de la cavalerie ainsi que les techniques et formations d’élevage.
  2. Le perfectionnement technique des moniteurs et élèves de la formation équine, afin de viser le haut niveau.
  3. L’importation de produits nutritionnels et vétérinaires.
  4. A plus long terme, l’organisation de ventes aux enchères de chevaux de sport.

Nous leur suggérons diverses solutions aisément réalisables en collaboration avec la filière équine française, soit :

  1. L’importation de poulinières, d’étalons et/ou de semences.
  2. L’accueil de cavaliers en stage en France et/ou d’instructeurs français en Chine.
  3. La commercialisation de produits nutritionnels et vétérinaires français, sous réserve que les licences d’importation nous soient délivrées.

Les formations sont très bon marché et l’Université ne peut malheureusement pas compter sur les tarifs de leurs enseignements pour financer de tels projets. Ils semblent cependant près à investir à court terme dans la formation de leurs moniteurs d’équitation afin d’améliorer le niveau et la réputation de leurs formations équines.

Rencontre avec Roy Oirbans, transporteur néerlandais, et Germ Aise Bouma, éleveur et marchand de chevaux frisons. Cette entrevue nous donne l’occasion de comparer nos méthodes d’approche du marché chinois et de constater que les difficultés rencontrées sont bien similaires à chaque pays concurrent…

Visite du Hohhot Mengjun Equestrian Club. Nous sommes accueillis par M. An Jun, General Manager de la structure. Cette structure est l’une des écuries de course les plus reconnues en Chine. Créé en 2010, le site comprend un hippodrome (piste de 1600m) qui organise des courses locales et nationales, et un centre équestre dédié à l’équitation de loisir. C’est l’un des centres équestres les plus modernes de la région. Les infrastructures se composent de différentes écuries : l’une est dédiée aux chevaux de courses de plat, activité majeure du centre équestre, une seconde accueille les chevaux de selle importés de l’étranger, une troisième les chevaux locaux, et une quatrième, à l’écart des bâtiments principaux, sert de centre de quarantaine en cas d’arrivage de chevaux. Quelques carrières et ronds de longe, un grand manège bien isolé et une piste de galop de 1600 m complètent les infrastructures équestres. En plus de cela, le centre équestre dispose de chambres d’hôtes, d’un restaurant, d’un bar… En 2013, le Hohhot Mengjun Equestrian Club avait accueilli une importante réunion de courses organisée par Teo Ah King, ainsi que des ventes aux enchères de pur sang. M. An Jun nous affirme son intérêt pour les chevaux de courses de plat français, ainsi que, dans une moindre mesure, les chevaux de trot. Il souhaite venir en France afin d’acheter quelques chevaux compétitifs pour son écurie avant la fin de l’année. Il manifeste également son intérêt pour les produits Reverdy. Nous repartons avec un échantillon de foin que Julie Palard fera analyser afin de cerner au mieux les besoins nutritionnels des chevaux de l’écurie.

 

 

 

 

Projets et suites à donner

 
  • La visite de la clinique vétérinaire de Hohhot a permis de constater que la médecine vétérinaire équine est en développement en Chine mais manque de moyens matériels et financiers pour évoluer à très court terme. L’évolution exponentielle de la médecine vétérinaire pour petits animaux démontre cependant une fois de plus la capacité de développement rapide de la Chine dans de nouveaux domaines. Le moment est peut être venu de mettre en marche les procédures d’autorisation d’importation de produits vétérinaires français afin d’être présents au bon moment pour la médecine équine.
  • L’Université Agricole de Mongolie Intérieure nous a fait part de sa motivation à s’ouvrir à l’international malgré un budget limité. Nous devons donc réfléchir aux partenariats à mettre en place afin que la collaboration reste profitable aux deux parties. La formation des moniteurs pourrait servir de tremplin aux partenariats futurs. Le rendez-vous est pris afin de donner suite à nos échanges à l’occasion du salon du Pékin en octobre prochain. Il nous faudra, avant cette échéance, leur fournir une proposition chiffrée pour l’accueil de stagiaires moniteurs en France.
  • Une invitation de principe pourrait être envoyée aux responsables du Hohhot Mengjun Equestrian Club à l’occasion d’une grande course en France. A cette occasion, et sous réserve d’avoir défini leurs critères exacts, nous pourrions leur proposer un lot de chevaux correspondant à leurs attentes.
 

Conclusion

 

Le Salon du cheval de Hohhot ne nous a pas semblé suffisamment productif pour que notre participation soit reconduite dans les années à venir. Notre déplacement s’est cependant avéré intéressant afin d’affirmer la présence de la France en Mongolie Intérieure et afin de rencontrer les professionnels clés de la Province.

 

Intérêts

 

Elevage

La Mongolie Intérieure dispose de grandes étendues idéales pour l’élevage de chevaux. Sa proximité avec Pékin permet à des investisseurs de s’installer dans la Province.

Formations

La Mongolie Intérieure a gardé une culture du cheval. Ici plus qu’ailleurs en Chine, ils ont conscience de l’intérêt à travailler avec de bons professionnels pour le bien-être de leurs chevaux.

Savoir-faire

Afin de faire évoluer l’élevage extensif des chevaux de race locale vers l’élevage de chevaux de sport ou de courses, le besoin en savoir-faire est important, tant pour le travail et les soins aux chevaux que pour les techniques d’élevage.

Courses

La plupart des chevaux de course sont des réformes de Hong Kong ou de Macau. Afin de se différencier et d’améliorer les performances générales, la génétique française a déjà fait ses preuves en Mongolie Intérieure et est très recherchée.

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